1 - 5 from 5
Le concours des theologiens, & des rituels, qui sont les regles des dioceses, paroit former une autorite qui termine la question presente; cependant le conseil de conscience considerant d'un cote, que le raisonnement des theologiens est uniquement fonde sur une raison de convenance, & que la deffense des rituels suppose que l'on ne peut baptiser immediatement les enfans ainsi renfermes dans le sein de leurs meres, ce qui est contre la supposition presente; & d'un autre cote, considerant que les memes theologiens enseignent, que l'on peut risquer les sacremens que Jesus Christ a etablis comme des moyens faciles, mais necessaires pour sanctifier les hommes; & d'ailleurs estimant, que les enfans renfermes dans le sein de leurs meres, pourroient etre capables de salut, parcequ'ils sont capables de damnation; pour ces considerations, & en egard a l'expose, suivant lequel on assure avoir trouve un moyen certain de baptiser ces enfans ainsi renfermes, sans faire aucun tort a la mere, le Conseil estime que l'on pourroit se servir du moyen propose, dans la confiance qu'il a, que Dieu n'a point laisse ces sortes d'enfans sans aucuns secours, & supposant, comme il est expose, que le moyen dont il s'agit est propre a leur procurer le bapteme; cependant comme il s'agiroit, en autorisant la pratique proposee, de changer une regle universellement etablie, le Conseil croit que celui qui consulte doit s'addresser a son eveque, & a qui il appartient de juger de l'utilite, & du danger du moyen propose, & comme, sous le bon plaisir de l'eveque, le Conseil estime qu'il faudroit recourir au Pape, qui a le droit d'expliquer les regles de l'eglise, & d'y deroger dans le cas, ou la loi ne scauroit obliger, quelque sage & quelque utile que paroisse la maniere de baptiser dont il s'agit, le Conseil ne pourroit l'approver sans le concours de ces deux autorites.