M. Raynouard fait observer que dans la partie de Jehan de Meung, on trouve des vers qui n'ont pu être écrits, au plus tard, que vers l'an 1280. Après avoir parlé de Mainfroi, le poète nomme Charles d'Anjou comme vivant et possédant encore le royaume de Sicile: Qui par divine porvéance Est ores de Sesile rois.

Que ne puet riens faire de soi, 9683 Si vous vent ores, bien le soi. El vient céans, et vous emmaine Trois fois ou quatre la semaine, Et faint noviaus pelerinages Selonc les anciens usages, Car g'en sai toute la covine, Et de vous promener ne fine, Si cum l'en fait destrier

Ores bas, ores volloit haut Par dessus l'element plus chaud En vollant la sente embrasée: Et souz elle laissoit loing, loing L'arc qui fut de la paix tesmoing Quand l'eau eut la terre rasée.

Ores que nous voyons les flots épouvantables Du profond Ocean, pourray-je bien passer Sans saluer de loin, ou quelque Adieu laisser A la terre que a receuë notre France Quand elle vint ici faire sa demeurance? Ile, je te saluë, ile de Saincte Croix, Ile premier sejour de noz pauvres François, Qui souffrirent chez toy des choses vrayment dures, Mais noz vices souvent nous causent ces injures. Je revere pourtant ta freche antiquité Les Cedres odorans qui sont

Saoul d'alarmes & combats, Et des assaux de Bellone, Ores tu prens tes ébats Avec Cerés et Pomone. Et deça del

Mirés vous cy dames et damoiselles Mirés vous cy et regardés ma face Helas pensés se vous estes bien belles Comment la mort toute beauté efface Comment beauté humaine tourne plus a desplaisir après mort qu'elle ne pleut en vie Je fus jadis tant belle et tant plaisante Que de beauté j'estoie l'exemplaire Et ores suis tant laide et desplaisante Que plus desplais qu'oncques je ne peus plaire

«Ores que je ne cognoi au monde impudence effrontée qui soit

* [p.264] Il en devroit grant pitié prendre. 4093 Amors me sot ores bien vendre Les biens que il m'avoit prestés; Ges cuidoie avoir achetés, Or les me vent tout derechief: Car ge suis

Quand ores en ma memoire Se ramentoit cette histoire, Je regrette ce temps l

Bois de lance. O! comme sera ores beneurée et flourie l'ame en paradis du vainqueur qui loiaument se sera combatu contre les vices! car nul ne sera couronné, fors ceulx qui loyaulment se seront embatus contre les péchiés; et ainsi comme les chevaliers Charles moururent en bataille, ainsi devons-nous mourir quant aux vices et vivre au monde en saintes vertus, si que nous puissions desservir couronne flourie en la joie de paradis.